Le feuilleton entre la LFP et Canal+ prend une nouvelle tournure, mais l’accord semble encore très loin. Alors que Maxime Saada se dit prêt à distribuer Ligue 1+, Nicolas de Tavernost fixe des conditions très strictes. Entre procédures judiciaires, pack sport et exposition de la Ligue 1, le bras de fer continue en coulisses.
Canal+ et la LFP ne sont pas près de se réconcilier. Malgré une ouverture affichée par Maxime Saada, président du groupe audiovisuel, la distribution de Ligue 1+ par la chaîne cryptée reste aujourd’hui très incertaine. La plateforme de la LFP, appelée à diffuser l’intégralité du Championnat de France en 2026-2027, pourrait théoriquement profiter de la puissance commerciale de Canal+. Mais pour la Ligue, pas question d’accepter n’importe quelles conditions.
Dans les colonnes de L’Équipe, Nicolas de Tavernost, directeur général de LFP Media, a posé un cadre très clair. « Il y a deux conditions importantes », a-t-il expliqué. La première concerne les procédures judiciaires engagées par Canal+ contre le football français. Selon lui, l’ancien diffuseur historique doit d’abord mettre fin à ses actions en justice, qui portent notamment sur une réclamation de 660 millions d’euros.
La deuxième condition est tout aussi sensible : Ligue 1+ ne veut pas être reléguée au second plan. La LFP souhaite que son offre soit intégrée au pack sport de Canal+, aux côtés de la Ligue des champions, du Top 14, de la Formule 1, de beIN Sports ou encore d’Eurosport. Pour Tavernost, une simple option payante autour de 10 euros par mois ne suffirait pas à garantir un vrai succès commercial.
Un accord encore très improbable
Nicolas de Tavernost se montre particulièrement ferme sur ce point. « La seule mise à disposition du Championnat à Canal+ n’est pas une garantie de succès », affirme-t-il dans L’Équipe. Il rappelle notamment que DAZN, lorsqu’il était distribué par Canal+, n’aurait attiré que 90 000 abonnés via ce canal. Un chiffre jugé insuffisant pour convaincre les clubs.
Le dirigeant estime aussi que beaucoup d’abonnés Canal+ ont déjà trouvé le chemin de Ligue 1+ par eux-mêmes. Selon lui, deux tiers des abonnés actuels à la plateforme seraient déjà clients de Canal+. Autrement dit, la LFP ne voit pas l’intérêt d’un accord qui ne rapporterait ni visibilité forte, ni revenus significatifs aux clubs.
Le message envoyé à Canal+ est donc limpide : sans retrait des procédures et sans intégration dans le pack sport, la proposition sera perçue comme un simple coup de communication. « Si c’est tribunal le matin et option à 10 euros qui ne rapporte rien aux clubs, ils ne choisiront pas cette solution », prévient Tavernost dans L’Équipe.
Ligue 1+ prépare déjà sa nouvelle saison
En parallèle de ce bras de fer, Ligue 1+ prépare son évolution pour la saison prochaine. Le prix de l’abonnement devrait augmenter, notamment en raison d’une offre enrichie avec l’exclusivité de la Ligue 1 après le retrait de beIN Sports sur l’affiche du samedi après-midi. Les tarifs définitifs doivent être communiqués au mois de juin.
La LFP travaille aussi sur la poursuite de son partenariat avec TF1 autour de Téléfoot. Nicolas de Tavernost se veut confiant et assure que les discussions avancent avec un partenaire jugé important.
Pour l’instant, le retour de Canal+ dans le paysage de la Ligue 1 ressemble donc davantage à une bataille stratégique qu’à une véritable réconciliation. La porte n’est pas totalement fermée, mais les conditions posées par la LFP rendent l’accord très compliqué.