La lutte contre l’IPTV illégale franchit un nouveau cap en Irlande. Pour la première fois, plus de 300 abonnés à des services pirates pourraient être poursuivis, après une décision de la Haute Cour irlandaise en faveur du diffuseur Sky. L’entreprise a obtenu une ordonnance obligeant la banque Revolut à transmettre les informations personnelles liées à ces utilisateurs.
304 abonnés et 10 revendeurs dans le viseur
La décision, rendue mercredi par la Haute Cour d’Irlande, concerne 304 abonnés et 10 revendeurs liés au service pirate désormais fermé IPTV is Easy. Grâce à une ordonnance de type Norwich Pharmacal, Sky pourra obtenir les noms, adresses et informations bancaires des utilisateurs via Revolut Bank UAB.
Sky n’était pas seul dans cette démarche. La demande a été soutenue par Premier Sports, GAA+, LOITV et Clubber TV, preuve que les contenus piratés dépassaient largement les seules chaînes du groupe britannique.
Selon l’avocat de Sky, Theo Donnelly, ces informations permettront d’engager des poursuites judiciaires contre les revendeurs et certains abonnés. Toutefois, il a précisé que l’entreprise ne poursuivra pas nécessairement l’ensemble des 304 utilisateurs.
Une stratégie pour dissuader les utilisateurs IPTV
Cette décision marque un tournant majeur dans la lutte contre l’IPTV illégale en Irlande. Sky espère créer un effet dissuasif auprès des quelque 400 000 utilisateurs estimés dans le pays.
Les revendeurs restent particulièrement ciblés. Selon l’enquêteur Damien Gilmore, au moins cinq revendeurs continueraient encore aujourd’hui à vendre ces services pirates, ce qui pourrait entraîner des actions rapides à leur encontre.
Le timing n’est pas anodin. Avec la fin de saison de Premier League et plusieurs événements sportifs majeurs à venir, Sky souhaite agir rapidement alors que l’intérêt pour le sport premium est à son maximum.
Une tendance européenne contre l’IPTV illégale
Cette affaire s’inscrit dans une tendance plus large en Europe. En France, 19 utilisateurs IPTV ont récemment été condamnés à des amendes entre 300 et 400 euros. En Italie, des milliers d’abonnés ont également été identifiés après le démantèlement d’un réseau pirate.
En Irlande, la loi prévoit des sanctions pouvant atteindre 127 000 euros d’amende et cinq ans de prison pour l’utilisation de services illégaux. Même si ces peines restent théoriques pour les abonnés, la décision de justice marque une nouvelle étape dans la répression du piratage IPTV.
Cette fois, ce ne sont plus seulement les revendeurs qui sont visés, mais aussi les utilisateurs finaux. Une évolution qui pourrait changer durablement la lutte contre l’IPTV illégale en Europe.