IPTV : Canal+ passe à l’offensive et cible Cloudflare pour stopper le piratage du foot

La lutte contre le piratage des matchs de football et de rugby franchit un nouveau cap en France. Canal+ vient d’obtenir une décision judiciaire majeure visant directement Cloudflare, un acteur clé du web, pour bloquer l’accès à des dizaines de sites illégaux diffusant la Ligue des Champions, la Premier League ou encore le Top 14.

La guerre contre l’IPTV et le streaming illégal s’intensifie. Après avoir longtemps ciblé les fournisseurs d’accès à Internet, Canal+ change de stratégie et s’attaque désormais à un maillon essentiel de l’écosystème numérique : Cloudflare. Comme le révèle Numerama, la justice française a ordonné le blocage d’une cinquantaine de sites pirates via les services de cette entreprise américaine.

Une stratégie pour combler les failles du système

Jusqu’ici, le blocage des sites illégaux reposait principalement sur les opérateurs comme Orange ou SFR, via le système DNS. Mais cette méthode est facilement contournable. En modifiant simplement ses paramètres DNS, un utilisateur peut accéder à des contenus interdits.

C’est précisément cette faille que Canal+ veut combler. Cloudflare propose en effet des services DNS alternatifs, mais aussi des outils comme les CDN et les proxys, souvent utilisés pour contourner les blocages. Selon la justice, l’entreprise agit comme « un pont permettant l’accès aux sites litigieux », comme l’a souligné le tribunal.

Ligue des Champions et Top 14 dans le viseur

Cette offensive vise à protéger les compétitions les plus rentables pour Canal+. Sont concernées la Ligue des Champions, la Premier League et le Top 14, des événements majeurs qui attirent des millions de téléspectateurs et justifient souvent un abonnement.

Le tribunal judiciaire de Paris a ainsi exigé un blocage rapide, laissant seulement trois jours à Cloudflare pour agir. L’objectif est clair : limiter au maximum la diffusion illégale de ces rencontres sportives.

Une bataille technologique loin d’être terminée

Malgré cette décision, Cloudflare a tenté de se défendre, estimant que ces blocages sont coûteux et facilement contournables. En effet, les sites pirates peuvent rapidement changer d’adresse ou utiliser d’autres services pour rester accessibles.

Pour contrer cela, la justice a mis en place des injonctions dynamiques. Concrètement, Canal+ pourra signaler de nouveaux sites à l’Arcom, qui se chargera de mettre à jour la liste noire en continu, sans passer systématiquement par un juge.

Cette nouvelle étape marque un tournant dans la lutte contre le piratage sportif. Canal+ montre qu’il est prêt à frapper plus haut dans la chaîne technologique pour protéger ses droits, mais face à l’ingéniosité des plateformes illégales, le combat s’annonce encore long.